Rutshuru : des civils abattus en toute impunité, la responsabilité de l’AFC-M23 pointée

Publié le 15 avril 2026 à 10:29

Le 14 avril 2026, monsieur Fabien Baritimwe, infirmier de profession et résident de Kabaya, dans le groupement de Kisigari (territoire de Rutshuru), a été victime d’une exécution extrajudiciaire perpétrée par des hommes armés.
Selon les informations documentées, alors qu’il regagnait son domicile depuis Kanombe en compagnie de ses collègues, leur groupe a été intercepté à hauteur de Kanyamisambi par des individus armés qui ont ouvert le feu à bout portant. Cette attaque a entraîné la mort immédiate de monsieur Fabien Baritimwe et causé des blessures graves à trois autres civils.

Cet assassinat intervient à peine trois jours après une série d’autres homicides ciblés signalés dans la même zone, notamment l’exécution de deux personnes originaires de Kako au niveau du parc de Virunga, ainsi que d’autres victimes à Kalengera et à Rubare.

À titre de précision géographique, le village de Kabaya est situé à proximité immédiate du camp militaire de Rumangabo, dans le groupement de Kisigari, territoire de Rutshuru. Il se trouve à environ 45 kilomètres de la ville de Goma, sur l’axe routier Goma–Rutshuru.

Depuis le début du mois d’avril 2026, le territoire de Rutshuru fait face à une dégradation grave et continue de la situation sécuritaire, caractérisée par une multiplication d’exécutions sommaires de civils. Des informations concordantes indiquent que ces homicides sont commis de manière récurrente, aussi bien dans les champs que sur les axes routiers, à un rythme alarmant n’excédant pas un intervalle de quarante-huit heures.

La LISVDHE condamne avec la plus grande fermeté ces actes constitutifs de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, susceptibles de relever de la qualification de crimes de guerre. Elle tient pour responsables, à titre principal, les éléments armés affiliés au mouvement rebelle AFC-M23, présumés auteurs de la majorité de ces exactions.

En outre, la LISVDHE dénonce l’inaction manifeste des autorités de fait, lesquelles manquent à leur obligation de protection des populations civiles sous leur contrôle. Cette carence engage leur responsabilité et contribue à entretenir un climat d’impunité propice à la répétition de ces crimes.

En conséquence, la LISVDHE appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes, impartiales et diligentes en vue d’identifier, poursuivre et sanctionner les auteurs, coauteurs et complices de ces actes, conformément aux normes nationales et internationales en vigueur.

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