Kinshasa : arrestation d’un jeune originaire de Rutshuru dans un contexte de soupçons de discrimination liée à son origine et ethnie

Publié le 1 avril 2026 à 13:20

Il s’agit de Monsieur Martin Bahati Biramahire, ingénieur âgé de 30 ans et originaire du territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Il est porté disparu depuis le 22 mai 2025 à Kinshasa, où il résidait temporairement dans la commune de Ngaliema. Depuis lors, il demeure injoignable et sa famille est sans nouvelles de lui.

Selon des informations recueillies par la LISVDHE, il serait détenu dans les installations de la DEMIAP à Kinshasa, dans des conditions marquées par l’absence de communication avec ses proches, le refus d’accès à un avocat, l’interdiction de visites et l’absence d’information sur les motifs de sa détention. Si ces faits étaient confirmés, ils constitueraient une violation grave des garanties prévues par la Constitution de la République Démocratique du Congo et les instruments internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

Des éléments concordants laissent penser que cette situation pourrait être liée à son origine géographique et à son appartenance communautaire, ce qui soulève de sérieuses préoccupations au regard du principe de non-discrimination.

Dans un contexte national déjà fragile, où certaines communautés, notamment les populations swahiliphones, expriment des inquiétudes face à des dynamiques de stigmatisation, de tels faits sont susceptibles d’accentuer les tensions et d’affaiblir la cohésion sociale.

Ce cas s’inscrit dans une série d’incidents similaires documentés, notamment ceux de Madame Katungu Kinogho Laetitia, de Madame Kalwina Bakajika Denise, ainsi que de Monsieur Ntamushobora Okelo Marc et Madame Akintije Sendegeya Rosine, tous arrêtés dans des circonstances comparables. Ces situations, associées à des critères tels que l’origine, les noms ou l’usage de certaines langues, notamment le kinyarwanda, appellent à une vigilance accrue quant au respect des principes d’égalité devant la loi.

La LISVDHE rappelle que toute privation de liberté doit être fondée sur une base légale, dûment motivée et assortie des garanties essentielles, notamment le droit à la défense et à un procès équitable.

En l’absence d’informations officielles sur le lieu de détention, cette situation présente les caractéristiques d’une possible disparition forcée, ce qui constitue une préoccupation majeure au regard des obligations de l’État en matière de protection des droits humains.


Recommandations

La LISVDHE invite les autorités congolaises, en particulier les services de sécurité et de renseignement, à veiller strictement au respect des droits fondamentaux dans toutes les procédures. Elle rappelle que la qualité de citoyen congolais ne saurait être conditionnée par des considérations linguistiques, mais repose sur l’égalité de tous devant la loi, conformément à la Constitution.

Elle souligne en outre que l’État a l’obligation de respecter, de protéger et de réaliser les droits de l’homme, en toute impartialité.


Exigences

La LISVDHE appelle les autorités compétentes à faire toute la lumière sur la situation de Monsieur Martin Bahati Biramahire, notamment en communiquant sans délai son lieu de détention à sa famille.

Elle demande sa libération immédiate ou, à défaut, sa présentation devant son juge naturel dans le strict respect des procédures légales, ainsi que la garantie effective de l’ensemble de ses droits fondamentaux.

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