LISVDHE exprime sa profonde indignation à la suite de l’arrestation de sieur Sibomana Julien, préfet des études à l’Institut Rubare, et de sieur Munyaneza Jonathan, ancien délégué du gouverneur de l’agglomération de Rubare, par des éléments de la rébellion AFC-M23. Selon les informations recueillies, ces deux personnes auraient été interpellées ce 30 mars 2026 à la suite de simples commentaires exprimés sur une information relative à un incident impliquant un drone ayant frappé une habitation au quartier Himbi, en ville de Goma, où résidait une ressortissante française travaillant pour l’UNICEF.
Dans une telle situation, LISVDHE estime que les faits rapportés soulèvent de graves préoccupations au regard du droit international des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et l’interdiction des arrestations arbitraires.
En effet, la liberté d’expression est un droit fondamental consacré par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit à toute personne le droit de ne pas être inquiétée pour ses opinions ainsi que celui de rechercher, recevoir et diffuser des informations. Ce droit est également protégé par l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), lequel précise que toute restriction doit être strictement prévue par la loi, poursuivre un objectif légitime et être nécessaire et proportionnée. De même, l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples consacre le droit à l’information et la liberté d’expression.
Dans le cas d’espèce, le fait reproché aux deux personnes concernées semble se limiter à l’expression de commentaires sur une information d’actualité. En principe, un tel comportement relève de l’exercice normal de la liberté d’expression et ne peut justifier une privation de liberté, sauf à démontrer l’existence d’une infraction clairement définie par la loi, telle qu’une incitation à la violence ou une atteinte grave à un intérêt juridiquement protégé.
Par ailleurs, le droit international prohibe toute forme d’arrestation arbitraire. L’article 9 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que l’article 9 du PIDCP disposent qu’aucune personne ne peut être arrêtée ou détenue de manière arbitraire. Les Principes du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire précisent en outre que la détention devient arbitraire lorsqu’elle sanctionne l’exercice pacifique d’un droit fondamental, notamment la liberté d’expression.
Même dans des contextes de conflit armé ou de contrôle territorial par des acteurs non étatiques, le droit international humanitaire impose des obligations minimales de protection. L’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 exige le respect de la dignité humaine et interdit les traitements arbitraires à l’égard des personnes ne participant pas directement aux hostilités.
À la lumière de ces normes, LISVDHE considère que si les faits sont avérés tels que rapportés, cette arrestation apparaît prima facie comme arbitraire et disproportionnée, en l’absence d’éléments démontrant une base légale claire ou une nécessité impérieuse justifiant une privation de liberté.
C’est pourquoi LISVDHE dénonce fermement cette arrestation et appelle à la libération immédiate des personnes concernées, sauf justification légale conforme aux standards internationaux. L’organisation rappelle enfin que la liberté d’expression constitue un pilier essentiel de tout État respectueux des droits humains, et que toute atteinte injustifiée à ce droit représente un recul préoccupant de l’espace civique et des garanties fondamentales.
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