Alors que le territoire de Rutshuru connaît d’importants mouvements militaires, une femme a été tuée par balle ce matin du 27 mars 2026 dans le village de Ngerenge, localité de Kalengera.
La victime, madame Furaha Banyanga, habitante de Ngerenge et épouse d’un chef local connu sous le pseudonyme de « Chamumbavu », a été prise pour cible par des hommes armés après avoir débuté sa journée en bonne santé. Elle est décédée sur place, sans possibilité d’intervention médicale.
Il sied de rappeler que Kalengera, pour ceux qui ne connaissent pas la zone, est située à près de 60 km de la route Goma–Butembo. Cette localité, située entre Kako et Biruma dans le groupement de Gisigari, territoire de Rutshuru, occupe une position stratégique. En effet, elle constitue un point de passage important reliant, via Ntamugenga et Tongo, l’axe Runyoni ainsi que le territoire de Masisi.
Bien que certaines sources évoquent une possible implication des FDLR, les circonstances de cet assassinat demeurent, à ce stade, indéterminées. Des enquêtes menées par la LISVDHE sont en cours afin d’établir les faits et d’identifier les auteurs présumés.
Depuis 48 heures, la localité de Kalengera connaît un afflux de combattants affiliés à l’AFC-M23. Il reste difficile de déterminer s’il s’agit d’un retrait stratégique ou d’un mouvement de rotation. Selon des informations locales, plusieurs éléments proviendraient des zones de Masisi et de Tongo. Certains sont temporairement cantonnés à Kalengera et dans ses environs, tandis que d’autres auraient été observés aux abords du Parc national des Virunga.
La LISVDHE condamne fermement cet assassinat, qu’elle qualifie de grave atteinte au droit à la vie. Elle rappelle aux responsables de l’AFC-M23 leurs obligations en matière de protection des populations civiles.
Il leur revient de prendre toutes les mesures nécessaires, effectives et appropriées afin d’assurer la protection des populations civiles et de leurs biens, conformément aux obligations découlant du droit international humanitaire et des droits de l’homme, et de veiller à l’engagement de procédures disciplinaires et, le cas échéant, judiciaires, à l’encontre des éléments présumés responsables d’exactions.
Toutefois, les premiers éléments recueillis par les enquêteurs semblent orienter vers l’hypothèse d’un différend d’ordre privé, possiblement lié à des tensions au sein du foyer conjugal dans un contexte de polygamie. Selon certaines informations non encore corroborées, une personne proche de l’entourage familial, notamment une ancienne épouse ayant quitté le domicile conjugal, pourrait être impliquée. Il est également évoqué, sous toutes réserves, le recours présumé à un élément armé pour l’exécution de cet acte. Ces allégations demeurent à ce stade à vérifier et ne sauraient préjuger des conclusions définitives des enquêtes en cours.
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