Une nouvelle attaque attribuée à des coupeurs de route s’est produite ce lundi 23 mars 2026, aux environs de 9 heures, sur l’axe Goma–Butembo, précisément à Rumangabo, dans le groupement de Gisigari, en territoire de Rutshuru.
Selon les informations recueillies, un taxi communément appelé « Ka leoleo », en provenance de Goma et à destination de Butembo avec plusieurs passagers à bord, est tombé dans une embuscade tendue par des hommes armés. Surpris par des tirs nourris, le chauffeur a été contraint de stopper le véhicule. Les assaillants ont ensuite procédé au pillage systématique des biens des passagers avant de prendre la fuite vers les broussailles du Parc national des Virunga.
Au cours de cette attaque, le chauffeur a été grièvement blessé par balles, notamment au niveau de la bouche et de la mâchoire, illustrant une fois de plus la violence de ces actes ciblant des civils.
Cet incident intervient moins de 48 heures après une attaque similaire survenue la semaine dernière à Mayamoto, sur l’axe Kiwanja–Rwindi, où un autre taxi avait été pris pour cible par des hommes armés, faisant également des blessés.
Les endroits tels que Busendo, connu sous l’appellation « Ku 17 km », ainsi que Rumangabo et Mayamoto, sont régulièrement pointées comme des zones particulièrement dangereuses. Depuis plusieurs années, des voyageurs y sont victimes d’embuscades répétées, souvent meurtrières, sur ce tronçon routier stratégique.
Pour les observateurs extérieurs, il convient de préciser que Rumangabo est un village stratégique qui abrite notamment une station des écogardes du Parc national des Virunga. Il est situé entre les localités de Rubari et Biruma, sur cet axe routier fortement fréquenté.
Quant à l’identité des auteurs, une confusion persistante demeure. Certaines sources locales attribuent ces attaques à des groupes armés d’autodéfense dits « Wazalendo », composés de combattants locaux. D’autres évoquent plutôt la présence d’éléments incontrôlés affiliés à la rébellion de l’AFC-M23, qui contrôle cette zone depuis plus de deux ans. En l’absence d’une version officielle claire, cette incertitude alimente davantage l’inquiétude des populations.
Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’inaction des autorités, malgré les changements successifs à la tête des institutions provinciales et territoriales. Aucune mesure efficace de prévention ou de sécurisation durable ne semble, à ce jour, avoir permis d’endiguer ces violences.
Dans un communiqué, la LISVDHE condamne fermement ces attaques contre des civils ainsi que les pillages répétés sur la route Goma–Butembo. L’organisation dénonce également la passivité des autorités, qu’elle estime pouvoir s’apparenter à une violation par omission, voire à une forme de complicité.
Elle rappelle enfin aux autorités gouvernementales, provinciales et territoriales leur obligation de protéger les populations civiles et de garantir le respect des droits humains. La LISVDHE appelle ainsi à la mise en œuvre urgente de mesures concrètes pour restaurer la sécurité sur cet axe et mettre fin à ces violences récurrentes.
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