Le pillage qui entrave la liberté de circulation et menace le droit à la vie devient une réalité quotidienne pour les voyageurs de l’axe Beni–Butembo–Goma. Depuis des années, ces derniers font face à d’innombrables difficultés lorsqu’ils prennent la route. Pour eux, voyager signifie s’exposer directement au vol de leur argent, de leur téléphone et d’autres biens personnels. Pire encore, voyager équivaut souvent à mettre sa vie en danger.
Ce qui est particulièrement déplorable, c’est que les autorités actuelles, pourtant informées de cette situation, n’ont pris aucune mesure de protection ni de prévention. Ne pas agir pour mettre fin à cette situation, c’est assumer sa complicité.
Le 18 mars 2026, une voiture de taxi, connue sous le nom de "Kambiyombiyo", qui se rendait de Goma à Butembo, a été attaquée dans une embuscade tendue par des hommes armés au lieu-dit Maya Moto, au sein du parc national de Virunga. Pour forcer le chauffeur à s’arrêter, les assaillants ont ouvert le feu à bout portant, blessant plusieurs passagers, dont Madame Dorcas Mitavo. Une fois le véhicule immobilisé, les assaillants ont tout emporté avant de disparaître dans la nature, laissant les blessés sur place. Ce n’est qu’après leur départ que les victimes ont été transportées à Kanyabayonga et prises en charge dans une structure de santé.
La LISVDHE rappelle que les localités de Mayamoto et Busendo sont tristement connues comme de véritables « boucheries humaines ». Dans des circonstances similaires à celles vécues par la voiture "Kambiyombiyo", de nombreuses personnes voyageant de Butembo à Goma ou de Goma à Butembo ont perdu la vie. Cette situation, qui avait momentanément cessé, a repris et se reproduit régulièrement depuis que l’AFC-M23 contrôle ce territoire. Les auteurs de ces attaques restent à ce jour identifiés. Toutefois, les FDLR, une faction des Wazalendo ainsi que des éléments du M23 sont régulièrement pointés du doigt comme responsables de ces violences.
La LISVDHE condamne avec la plus grande fermeté cet acte criminel. Elle dénonce également la passivité des autorités de facto qui contrôlent cette région, ainsi que celle de l’AFC-M23, qui refuse de prendre des mesures pour mettre fin à cette insécurité persistante. Ne pas agir pour protéger la population, c’est assumer sa complicité face à ces crimes.
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