Une nouvelle attaque sanglante est venue rappeler la persistance de l'insécurité sur les routes du Nord-Kivu. Dans la matinée de ce jeudi 6 août 2026, deux véhicules civils, un Toyota Land Cruiser et un bus de transport en commun, qui quittaient Goma en direction de Butembo, ont été pris pour cible au niveau de Mayamoto, dans le Parc national des Virunga, lors d'une embuscade tendue par des hommes armés.
Selon les premières informations recueillies, les assaillants ont ouvert le feu sur les deux véhicules, semant la panique parmi les passagers. Cette attaque a fait plusieurs morts et plusieurs blessés, bien que le bilan exact reste à confirmer.
Cet énième drame survient dans une zone placée sous le contrôle de l'AFC-M23, mouvement qui affirme avoir rétabli l'ordre et assuré la protection des populations vivant dans les territoires qu'il administre. Pourtant, la répétition des embuscades visant des civils continue d'alimenter les interrogations sur l'effectivité des dispositifs de sécurité et sur la capacité des autorités de fait à prévenir de telles attaques.
À ce stade, l'identité des auteurs de l'embuscade n'a pas été officiellement établie et aucune revendication n'a été rendue publique. Toutefois, des éléments militaires de l'AZFC-M23 ne sont pas épargnés par les soupçons et figurent parmi les acteurs pointés du doigt par plusieurs sources locales. En l'absence de confirmation officielle ou des conclusions d'une enquête indépendante, ces allégations doivent être considérées avec prudence. Elles soulignent néanmoins la nécessité d'une enquête impartiale, crédible et transparente afin d'établir les circonstances de cette attaque, d'identifier ses auteurs et de situer les responsabilités.
La Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits Humains et de l'Environnement (LISVDHE), organisation expérimentée dans la défense des droits humains dans l'est de la République démocratique du Congo, condamne avec la plus grande fermeté cette énième attaque dirigée contre des civils non armés. Elle dénonce également la passivité ou les omissions dans la protection des passagers civils empruntant cet axe routier, régulièrement frappé par des attaques meurtrières qui continuent d'endeuiller la province du Nord-Kivu.
La LISVDHE rappelle qu'en vertu du droit international humanitaire et des principes fondamentaux de protection des populations civiles, toute autorité ou tout acteur exerçant un contrôle effectif sur un territoire est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des personnes vivant ou circulant dans les zones placées sous son contrôle. À cet égard, tout en rappelant que les auteurs de cette embuscade n'ont pas encore été formellement identifiés, l'organisation souligne que les acteurs qui assument de fait la responsabilité de la sécurité dans cette partie du territoire pourraient également voir leur responsabilité engagée si des manquements à leur obligation de prévenir de telles attaques ou de protéger efficacement les civils venaient à être établis.
La LISVDHE appelle en conséquence à l'ouverture d'une enquête indépendante, impartiale et transparente afin de faire toute la lumière sur cette attaque, d'identifier les auteurs matériels, les éventuels complices ainsi que les responsabilités directes ou indirectes qui pourraient être engagées. Les auteurs de ces crimes, quels qu'ils soient, doivent répondre de leurs actes devant la justice.
Les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à l'insécurité qui sévit dans cette partie du Nord-Kivu. Cette nouvelle attaque renforce le sentiment de vulnérabilité des voyageurs empruntant l'axe Goma–Butembo, pourtant vital pour la mobilité des personnes et l'approvisionnement de plusieurs localités de la province.
Au-delà du bilan humain, cette embuscade rappelle l'urgence de renforcer la protection des civils et de mettre un terme à l'impunité. Les déclarations de restauration de la sécurité ne pourront être crédibles qu'à la lumière d'une diminution effective des attaques contre les populations, de la mise en œuvre de mesures de protection efficaces et de la reddition de comptes de tous les responsables, sans distinction.
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