La Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits de l’Homme et de l’Environnement (LISVDHE) demeure profondément préoccupée par la recrudescence des attaques attribuées aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Beni, où les pertes en vies humaines ne cessent de s’alourdir.
Dans la nuit du 14 juillet 2026, aux environs de 20 heures, des éléments présumés des ADF ont de nouveau attaqué les villages de Sayo et de Mataba, situés à la périphérie de la ville de Beni. Selon les informations recueillies, ces incursions ont coûté la vie à sept civils, plongeant une fois de plus les familles des victimes et l’ensemble des communautés locales dans le deuil et la consternation.
Au cours de la même nuit, une attaque similaire a été signalée à Mangina, où quatre civils ont été tués et six autres blessés. Les informations disponibles font état d’actes d’une extrême cruauté commis, notamment à coups de machette, contre des populations civiles sans défense, déjà profondément éprouvées par la répétition des violences armées dans cette partie de la province du Nord-Kivu.
La LISVDHE déplore particulièrement le fait que les assaillants auraient opéré pendant une longue période sans être inquiétés. Selon les témoignages disponibles, ils auraient même poursuivi certains blessés et rescapés jusque dans l’établissement hospitalier où ceux-ci avaient été conduits pour recevoir des soins. De tels actes constituent une grave atteinte au caractère civil et protégé des structures sanitaires ainsi qu’au droit des victimes de bénéficier de soins médicaux en toute sécurité. Au regard des textes juridiques nationaux et internationaux relatifs aux droits humains et au droit international humanitaire, notamment ceux protégeant les populations civiles, les blessés, le personnel médical et les établissements sanitaires en période de conflit armé, de tels actes pourraient également être qualifiés de crimes de guerre. Lorsqu’ils s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile et sont commis en connaissance de cette attaque, ils sont également susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité. Il appartient dès lors aux autorités judiciaires compétentes de mener des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies afin d’établir les faits, d’en déterminer la qualification juridique exacte et d’identifier les responsabilités individuelles.
La LISVDHE rappelle qu’au cours de l’année 2025, les différentes attaques armées documentées dans la région auraient fait plus de 10 000 morts, auxquels s’ajoutent de nombreuses personnes portées disparues, ainsi que des maisons, des villages et d’autres biens incendiés ou détruits. Depuis le début de l’année 2026, la situation demeure tout aussi alarmante : l’organisation estime à plus de 5 000 le nombre de personnes tuées, tandis que plusieurs autres demeurent portées disparues. De nombreux villages ont également été incendiés, des habitations détruites et divers biens appartenant aux populations civiles pillés ou emportés par les assaillants.
L’accumulation de ces pertes humaines et matérielles illustre l’ampleur d’une crise sécuritaire et humanitaire persistante. Derrière ces chiffres se trouvent des familles endeuillées, des enfants devenus orphelins, des personnes déplacées, des communautés privées de leurs moyens de subsistance et des populations entières vivant dans la peur permanente de nouvelles attaques.
La répétition de ces violences, en dépit des alertes régulièrement lancées par les communautés locales et les organisations de défense des droits humains, soulève de sérieuses interrogations quant à l’efficacité des dispositifs de prévention, de protection et d’intervention mis en place dans la région de Beni.
La LISVDHE condamne avec la plus grande fermeté ces énièmes attaques attribuées aux ADF, lesquelles ont une nouvelle fois coûté la vie à de paisibles citoyens et occasionné plusieurs blessés. Elle présente ses sincères condoléances aux familles des victimes et exprime sa solidarité envers les blessés, les rescapés ainsi que les populations traumatisées par ces violences répétées.
La LISVDHE appelle les autorités congolaises et leurs partenaires à renforcer immédiatement les mécanismes de protection des populations civiles, à sécuriser les villages et les structures sanitaires menacés, à diligenter des enquêtes indépendantes sur ces massacres et à traduire en justice les auteurs, les commanditaires ainsi que leurs éventuels complices.
La protection de la population civile doit demeurer une priorité absolue. Le silence, l’inaction ou l’insuffisance des réponses face à la répétition de ces massacres risquent de renforcer davantage le sentiment d’abandon ressenti par les communautés de Beni.
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