Il s'agit de madame Okonkwa Klondwa Antoinette, âgée de 26 ans, ainsi que l’enfant Mugisha Manzi Landry, âgé de 2 ans, ont été enlevés le 24 avril 2026, aux environs de 16 heures, à Goma, dans le quartier Majengo, vers l’endroit dit Kilijiwe, dans la commune de Karisimbi. Selon les informations recueillies, Madame Okonkwa était accusée d’entretenir des relations amoureuses avec un élément présumé des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR).
Deux jours plus tard, soit le 26 avril 2026, Madame Sifa Zawadi Alice, âgée de 32 ans et belle-sœur de la première victime, ainsi que sa fillette Ahishakiye Kanyamuhanda Diane, âgée de neuf mois, ont également été enlevées à leur domicile par des éléments de l’AFC-M23.
Depuis leur enlèvement, aucune information officielle n’a été communiquée quant à leur destination, leur lieu de détention, leur situation juridique ou leur état de santé. À ce jour, aucun membre de leurs familles, aucun avocat ni aucun proche n’a été autorisé à leur rendre visite. Cette absence totale d’informations fait craindre des cas de détention arbitraire et de disparition forcée.
LISVDHE condamne avec la plus grande fermeté ces actes, qui constituent de graves violations des droits humains et des atteintes aux garanties fondamentales protégées par les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux.
En droit interne congolais, ces faits violent notamment les dispositions de la Constitution de la République démocratique du Congo, spécialement les articles 16 et 17 relatifs au droit à la vie, à l’intégrité physique, à la liberté individuelle et à l’interdiction des arrestations et détentions arbitraires. Ils violent également les garanties procédurales consacrées par le Code de procédure pénale congolais.
Au niveau régional, ces actes sont contraires à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment ses articles 4, 5 et 6 relatifs au respect de la vie, à la dignité humaine et à la liberté et sécurité de la personne. Ils contreviennent également à la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, laquelle impose aux parties au conflit et aux autorités de fait une obligation particulière de protection des enfants contre toute forme de violence, d’enlèvement ou de détention illégale.
Sur le plan international, ces enlèvements violent plusieurs instruments juridiques, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention relative aux droits de l’enfant, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels applicables en période de conflit armé.
LISVDHE rappelle également que la disparition forcée, la détention arbitraire, les persécutions dirigées contre des civils ainsi que les actes inhumains commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile peuvent constituer des crimes contre l’humanité au sens de l’article 7 du Statut de Rome. De même, les atteintes graves à la dignité humaine, les prises d’otages et les traitements inhumains commis dans le contexte d’un conflit armé peuvent relever des crimes de guerre prévus par l’article 8 du même instrument.
LISVDHE appelle les autorités de fait, en particulier celles de l’AFC-M23, à informer officiellement les familles et les proches du lieu de détention de ces personnes, afin de garantir leur droit aux visites familiales, à l’assistance judiciaire et à la protection légale prévue par les textes applicables.
L’organisation exige également des autorités de l’AFC-M23 qu’elles garantissent sans délai l’intégrité physique et mentale des victimes et qu’elles s’abstiennent de tout acte de torture, de traitement cruel, inhumain ou dégradant, conformément aux obligations découlant du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
S’agissant des enfants, LISVDHE rappelle que ceux-ci bénéficient d’une protection spéciale en vertu des instruments nationaux et internationaux relatifs aux droits de l’enfant. L’organisation souligne qu’en toutes circonstances, l’intérêt supérieur de l’enfant doit constituer une considération primordiale, conformément à l’article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Toute mesure affectant un enfant doit prioritairement viser sa sécurité, sa protection et son bien-être physique et psychologique.
Au regard de la gravité des faits et de l’absence persistante d’informations sur le sort des victimes, LISVDHE exprime sa profonde inquiétude et craint sérieusement pour la vie, la sécurité et l’intégrité physique de ces personnes, dont le sort demeure jusqu’à présent inconnu.
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