La Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits de l’Homme et de l’Environnement (LISVDHE) exprime sa profonde préoccupation à la suite de l’assassinat d’un jeune conducteur de moto-taxi survenu à l’endroit communément appelé « Risérie », situé au quartier Paida, à Nyaleke, en ville de Beni.
Selon les informations documentées par les sources de la LISVDHE dépêchées sur le lieu de l’incident, la victime, identifiée comme M. X, aurait été interceptée par des hommes armés identifiés par des témoins comme des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ces derniers l’auraient d’abord dépouillée de tous ses biens avant de lui tirer plusieurs balles, causant sa mort. Après les faits, les présumés auteurs auraient emporté la moto de la victime.
La LISVDHE note avec inquiétude que cet homicide intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant marqué par la recrudescence des attaques attribuées aux combattants ADF dans la région de Beni. Depuis plusieurs semaines, la population vit dans un climat de peur permanent en raison des massacres, enlèvements et incursions armées enregistrés dans plusieurs agglomérations et villages périphériques.
L’organisation relève en outre que ce crime survient au moment où des alertes sécuritaires font état de mouvements présumés des éléments ADF vers Mantumbi, localité périphérique de la ville de Beni, renforçant davantage la psychose au sein de la population civile.
Dans ce contexte, la LISVDHE considère comme particulièrement grave que des agents de sécurité régulièrement déployés pour assurer la protection des civils soient cités dans des actes susceptibles de constituer des exécutions extrajudiciaires et des actes de pillage, prohibés tant par le droit interne congolais que par les instruments internationaux relatifs à la protection des droits humains.
La LISVDHE rappelle que le droit à la vie est garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment en son article 16, ainsi que par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Elle souligne également que les exécutions sommaires, les traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que les violences commises contre les civils engagent la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs.
Au regard de la gravité des faits allégués, la LISVDHE :
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condamne avec la plus grande fermeté cet assassinat ;
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exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et transparente ;
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demande l’identification, l’arrestation et la poursuite judiciaire des présumés auteurs conformément à la loi ;
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appelle les autorités militaires à renforcer les mécanismes de discipline et de contrôle des éléments déployés sur le terrain ;
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invite les autorités congolaises à garantir effectivement la protection des populations civiles dans la région de Beni.
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