Le 10 mai 2026, un civil identifié comme M. Kambale Siwathula, connu sous le nom de « Loving », a trouvé la mort à la suite de sévices qui lui auraient été infligés par des éléments de l’AFC-M23 dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Originaire de Nyakakoma, la victime exerçait comme conducteur de pirogue et était connue localement pour ses activités de transport fluvial.
D’après des informations recueillies auprès de sources locales et de témoins, M. Kambale Siwathula avait été sollicité par une famille afin d’assurer le transport, par voie lacustre, d’une délégation se rendant à une cérémonie de mariage organisée à Runzenze, dans le groupement de Kiserera, territoire de Lubero. Sa mission consistait à acheminer les membres de la famille de la future mariée vers le lieu de la cérémonie, puis à les reconduire à Nyakakoma après les festivités.
Cependant, une fois arrivé sur place, il aurait été interpellé par des éléments armés de l’AFC-M23, lesquels l’auraient accusé d’entretenir des liens de collaboration avec les groupes d’autodéfense dits Wazalendo/Mai-Mai. Selon plusieurs témoignages concordants, les assaillants auraient soumis la victime à des actes de torture et à de violents passages à tabac à l’aide de bâtons dans le but de lui extorquer des aveux. Les blessures subies auraient entraîné son décès sur place.
La Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits de l’Homme et de l’Environnement (LISVDHE) condamne avec la plus grande fermeté cet acte qu’elle qualifie de violation grave des droits humains et du droit international humanitaire. L’organisation rappelle que la torture, les traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que les exécutions extrajudiciaires sont strictement prohibés par les instruments juridiques internationaux, notamment la Convention contre la torture, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que les Conventions de Genève applicables en période de conflit armé.
La LISVDHE souligne également que le recours à la torture constitue une pratique récurrente attribuée aux éléments de l’AFC-M23 et à leurs supplétifs dans les zones sous leur contrôle. Selon l’organisation, de nombreux jeunes hommes sont régulièrement accusés, sans procédure préalable ni preuves crédibles, de collaboration avec les groupes armés dits Wazalendo, avant d’être soumis à des actes de torture, à des traitements inhumains ou à des exécutions sommaires.
L’organisation affirme que plusieurs victimes ont déjà perdu la vie à la suite de ces pratiques, lesquelles contribuent à instaurer un climat de terreur au sein des populations civiles. Elle estime, dès lors, que les motivations, les méthodes et les objectifs poursuivis derrière ces actes de torture doivent être établis avec la plus grande rigueur à travers des enquêtes indépendantes, afin de déterminer les responsabilités individuelles et hiérarchiques liées à ces graves violations des droits humains.
Pour la LISVDHE, de tels agissements, commis à l’encontre de civils non armés, sont incompatibles avec les discours de protection ou de libération des populations souvent avancés par l’AFC-M23. L’organisation estime que ces pratiques pourraient engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs directs ainsi que celle des commanditaires ou supérieurs hiérarchiques ayant ordonné, toléré ou omis de prévenir de tels actes.
La LISVDHE appelle les responsables de l’AFC-M23 à prendre des mesures immédiates afin de faire cesser les violations commises contre les populations civiles et à instruire leurs éléments au respect strict des droits humains et du droit international humanitaire. Elle appelle également les institutions judiciaires internationales, notamment la Cour pénale internationale, à porter une attention particulière aux crimes commis dans les zones sous contrôle de l’AFC-M23.
L’organisation estime que plusieurs faits documentés dans ces territoires, notamment les exécutions sommaires, les actes de torture, les disparitions forcées, les violences contre les populations civiles ainsi que les persécutions à caractère identitaire, sont susceptibles de recevoir les qualifications juridiques de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et, le cas échéant, de crime de génocide, conformément aux dispositions du Statut de Rome et aux instruments internationaux applicables.
À cet effet, la LISVDHE exhorte les mécanismes internationaux de justice et de protection des droits humains à diligenter des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies afin d’identifier les auteurs, co-auteurs, complices et commanditaires présumés de ces crimes, dans le but de garantir la vérité, la justice et la lutte contre l’impunité.
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