Ituri : après Biakato, malgré l’état de siège et la forte présence des forces de sécurité, les rebelles ADF continuent d’opérer en toute quiétude.

Publié le 11 mai 2026 à 00:57

En l’espace de 48 heures, la province de l’Ituri a enregistré plus de 70 morts. Pourtant, malgré les alertes lancées par la population civile, les rebelles ADF sont revenus dans la nuit du 08 mai 2026, aux environs de 20 heures, dans la ville de Makumo, située à près de 20 kilomètres de Biakato, dans le même territoire que celui du précédent massacre. Ils y ont de nouveau massacré, à la machette, plus de vingt personnes civiles.

Face à cette tragédie répétitive, la population civile, qui s’acquitte de ses taxes dans l’espoir de voir garantis sa sécurité, son bien-être et son épanouissement, s’interroge légitimement sur le rôle de l’armée, de la police et des services de renseignement, censés assurer sa protection et prévenir de telles attaques.

Cette situation relance le débat sur l’efficacité réelle de l’état de siège ainsi que sur la capacité des autorités à garantir la sécurité des populations dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elle alimente davantage les critiques portant sur l’incompétence des institutions étatiques, ainsi que sur les accusations récurrentes de tribalisme, de népotisme et de mauvaise gouvernance, dans un contexte où la population civile continue de payer un lourd tribut humain.

La Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits de l’Homme et de l’Environnement (LISVDHE) condamne avec la plus grande fermeté ces massacres visant des populations civiles qui ne sont en rien parties aux conflits politiques ou militaires. Elle déplore que des civils innocents continuent d’être pris pour cibles dans des attaques à caractère militaire, en violation flagrante des principes fondamentaux du droit international humanitaire et des droits humains.

La LISVDHE condamne également la lenteur ainsi que la légèreté observées dans l’action des services gouvernementaux de l’État congolais face à l’urgence sécuritaire persistante dans la province de l’Ituri. Elle estime que l’absence de décisions efficaces, rapides et adaptées contribue à la répétition de ces massacres et à l’aggravation du climat d’insécurité auquel les populations civiles demeurent exposées.

Toutefois, la LISVDHE estime que la lutte contre le phénomène ADF ne devrait pas se limiter aux seules opérations militaires. Elle demande l’association d’enquêtes juridiques, judiciaires et sécuritaires approfondies afin d’identifier les réseaux de soutien, les complicités éventuelles, les circuits de financement ainsi que les responsabilités directes ou indirectes liées à la persistance de cette menace dans l’Est de la République démocratique du Congo.

À cet effet, la LISVDHE recommande que, aux côtés des acteurs et services étatiques, l’État congolais implique également des acteurs non étatiques, notamment les organisations de défense des droits humains, afin de contribuer aux recherches, à la documentation et à l’identification des sources de financement, dQuant à cela, face à l’incapacité manifeste du gouvernement de la République à maîtriser durablement la situation sécuritaire dans certaines zones touchées par les attaques des ADFes auteurs directs et indirects ainsi que des réseaux liés au phénomène ADF. Elle estime en outre que ces organisations devraient bénéficier d’un accompagnement et, si possible, d’un appui financier leur permettant de mener efficacement ces investigations dans l’intérêt de la paix, de la justice et de la protection des populations civiles.

Quant à cela, face à l’incapacité manifeste du gouvernement de la République à maîtriser durablement la situation sécuritaire dans certaines zones touchées par les attaques des ADF, la LISVDHE appelle également l’État congolais à réfléchir à des mécanismes légaux, strictement encadrés et conformes au droit national et international, permettant de renforcer les capacités de protection communautaire et, si possible, les mécanismes légaux d’acquisition d’armes par les populations vivant dans les zones les plus exposées aux attaques des terroristes ADF, tout en veillant à prévenir toute dérive susceptible d’aggraver l’insécurité ou de favoriser des violations des droits humains.

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