Lubero : la spirale des violences armées alerte sur la dégradation des droits humains

Publié le 8 janvier 2026 à 01:07

Depuis octobre 2025, le territoire de Lubero et certaines zones environnantes sont confrontés à une recrudescence préoccupante des violences armées. Civils, agents de l’État et usagers de la route figurent parmi les victimes de meurtres par balle et d’actes de torture, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et de graves atteintes aux droits humains, selon les informations recueillies par la Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits de l’Homme et de l’Environnement (LISVDHE).

Le fait le plus récent s’est produit dans la nuit du 07 au 08 janvier 2026. Dans la cellule Kihate, quartier Muthiri, commune de Bulengera, Destin Muhindo Tebeka a été abattu par balle dans des circonstances encore non élucidées. D’après des sources locales, la victime, qui circulait à moto, aurait été poursuivie par des hommes armés se déplaçant également à moto avant d’être atteinte de deux balles. Les assaillants auraient ensuite pris la fuite en emportant la moto de la victime.

Presque au même moment, à Lusando, un officier de police identifié sous le nom de Mbusa Kabwana dit Ngike, ancien agent de la Police de Circulation Routière (PCR), a été tué par balle. Son garde du corps a été grièvement blessé lors de l’attaque et évacué en urgence vers une structure hospitalière pour y recevoir des soins.

Quelques jours plus tôt, le 05 janvier 2026, le corps sans vie de Mumbere Kamate Jonathan a été découvert dans le quartier 30 Juin, précisément à Vulungula/Pereghese, à proximité immédiate d’un camp militaire des FARDC. La victime présentait des impacts de balle, selon des témoignages recueillis sur place.

Le 02 janvier 2026, un autre incident grave a été signalé au quartier Mulo, cellule Vwakena. Mumbere Maliro aurait été victime d’actes de torture attribués à des militaires des FARDC. Grièvement blessé, il est décédé alors qu’il était conduit à l’hôpital pour une prise en charge médicale.

Ces événements récents s’inscrivent dans une série de violences documentées depuis plusieurs mois. Le 10 novembre 2025, Muhindo Silukingirwa Deodate a été retrouvé mort dans la cellule Kitawite B, quartier Lubero. Trois jours plus tard, le 13 novembre 2025, entre Lubero et Kiviru, au niveau du domicile connu sous le nom de chez Papa Palya, Muhindo Vyakera Georges, célibataire, a été grièvement blessé par balle par un militaire des FARDC. Il a succombé à ses blessures le même jour.

Plus tôt encore, le 02 octobre 2025, sur la route nationale RN4, au lieu-dit Kalikuku, Mumbere Kisumba Faustin avait été tué par balle par des hommes armés non identifiés.

Pour la LISVDHE, cette succession de faits traduit une détérioration alarmante de la situation sécuritaire et une multiplication des violations graves des droits humains, notamment des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et un usage abusif de la force. L’organisation dénonce également le climat d’impunité et le manque de protection des civils dans des zones pourtant sous contrôle des forces de défense et de sécurité.

Toutefois, la LISVDHE rappelle que l’État a l’obligation fondamentale de respecter et de protéger les droits humains. Cela implique, d’une part, que les autorités s’abstiennent de tout acte susceptible de constituer une violation des droits de l’Homme et, d’autre part, qu’elles assurent la protection des individus contre les violences et les exactions commises par des acteurs tiers. À ce titre, l’organisation exhorte l’État congolais à prendre des mesures urgentes et efficaces afin d’assurer et de garantir la sécurité de la population civile.

Face à cette situation, la LISVDHE appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à ouvrir des enquêtes indépendantes et crédibles afin d’identifier les auteurs de ces crimes et de les traduire en justice. Elle insiste également sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des civils et de lutter efficacement contre l’impunité, condition essentielle au rétablissement durable de la paix et de la confiance entre les citoyens et les institutions publiques.

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