Butembo: un homme décède au cachot des éléments d'une des milices dites Wazalendo

Publié le 7 février 2026 à 15:28

Communiqué de la LISVDHE – Analyse juridique et recommandations

 

Kakule Malona Saanane, originaire de la cité de Kirumba, dans le territoire de Lubero, est connu dans la ville de Butembo sous le pseudonyme « Le Brun ». Comme de nombreux jeunes issus de sa localité, il s’était installé à Butembo dans le but de poursuivre des activités génératrices de revenus et subvenir aux besoins de sa famille.

Le défunt est décédé hier 07 février 2026 dans un cachot du groupe armé dénommé « Volontaires pour la Défense de la Patrie » (VDP), intégré à la plateforme communément appelée Wazalendo. Les faits se sont déroulés à la sortie sud de la ville de Butembo, dans la localité de Musimba-Ndando. Après la découverte, le corps a été levé et déposé à la morgue de l'Hôpital Mathanda, en ville de Butembo.

Selon les investigations menées sur place par la LISVDHE, la victime aurait été soumise à des actes de torture graves, avant d’être incarcérée dans un cachot géré par les membres du groupe armé, où elle est décédée.

Le défunt exerçait une activité commerciale informelle de vente de viande cuite, qu’il transportait dans une casserole sur un braséro, principalement le long des axes de Nziapanda, Mususa et dans d’autres quartiers de la ville, ainsi que dans des cafés et buvettes. Cette activité lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille.

Il convient de rappeler que ce cas n’est pas isolé. Il évoque notamment celui de Kavira Vyahulwa Rosette, étudiante à l’ISTM, dont le syllabus criblé de balles témoigne de la violence dont elle a été victime, tuée le 12 novembre 2025, lors d’affrontements entre plusieurs factions Wazalendo dans le quartier MTB-Musimba de Butembo. Ce rappel illustre la persistance de la violence et des violations des droits humains par ces milices.

Cet incident relance le débat sur les dérives constatées au sein de certains groupes armés, lesquels se livrent à des arrestations arbitraires, à des actes de torture, à des exécutions extrajudiciaires, à des vols et à des extorsions, et instruisent des procédures judiciaires sans mandat légal ni compétence reconnue par le droit.

Il est à noter que, contrairement à leur motivation affichée de maintien de l’autodéfense, ces milices constituent, aux yeux des autorités qui les encadrent, une menace pour la population civile.

Pour rappel, les Wazalendo sont constitués principalement de jeunes issus des quartiers, organisés en milices locales. Sur instruction de l’État, ils sont encadrés et approvisionnés en armes et en munitions par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

À la lumière de ces faits, la LISVDHE estime qu’il est impératif de dissoudre ces formations para-militaires et de confier la protection de la population aux services compétents, notamment l’armée, la police, la justice et les services de renseignement. À défaut, cette situation risque de se transformer en une nébuleuse incontrôlable, génératrice de risques accrus pour la population.

La LISVDHE demande expressément à l’État de cesser tout soutien à ces milices, afin de ne pas être tenu responsable des violations des droits humains et crimes dont elles se rendent auteurs. Elle exhorte, par ailleurs, les autorités compétentes à engager des poursuites judiciaires contre les commanditaires de ces crimes, ainsi que contre les bailleurs de fonds de ces mouvements se comportant en groupes terroristes, conformément aux normes nationales et internationales en matière de responsabilité pénale.

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