Dans la province du Nord-Kivu, deux corps sans vie, ceux d’une jeune fille et d’un conducteur de moto-taxi, ont été découverts déjà inhumés à proximité d’une position occupée par des membres des groupes armés dits « Wazalendo ».
Selon plusieurs sources locales, il s’agirait de M. Kakule Saanane Love, conducteur de moto-taxi, et de sa cliente, la jeune Espérance, dont les corps auraient été retrouvés enterrés au cours du week-end dans un camp des Wazalendo situé à Kimbulu, en territoire de Lubero.
Cette découverte macabre a provoqué une vive émotion au sein de la population locale, entraînant un mouvement de protestation des conducteurs de motos-taxis, indignés par l’assassinat présumé de leur collègue et de sa passagère.
Depuis la soirée du lundi, plusieurs barricades ont été érigées et des pneus incendiés sur différentes artères de Lubero-centre, paralysant ainsi les activités socio-économiques. Boutiques, magasins, pharmacies ainsi que les points de transfert d’argent (« cash points ») ont été contraints de fermer, sur instruction des taximen mobilisés pour la circonstance.
L’organisation LISVDHE condamne avec fermeté ces actes qu’elle qualifie d’exécutions extrajudiciaires et de graves violations des droits humains, notamment du droit à la vie, du droit à la sécurité de la personne ainsi que du respect de la dignité humaine garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme. L’organisation appelle les autorités compétentes à diligenter des enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes afin d’identifier les auteurs de ces crimes, de les traduire devant les juridictions compétentes et de lutter contre l’impunité.
LISVDHE rappelle par ailleurs qu’il ne s’agit pas du premier forfait attribué aux membres de ces groupes armés. Il y a moins de deux mois, un jeune vendeur de brochettes de viande à Butembo aurait été arrêté arbitrairement, torturé puis mortellement soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants dans le camp d’un autre groupe armé Wazalendo basé à Lubero. Dans un autre incident, une étudiante en médecine aurait également été exécutée sommairement par des éléments de ces groupes à Butembo.
Pour LISVDHE, la répétition de tels actes révèle une recrudescence inquiétante des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire dans cette partie du pays, caractérisée notamment par des assassinats ciblés, des actes de torture, des exécutions sommaires et des atteintes à la protection des civils.
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